Après deux ans et demi de pandémie, des chercheurs affirment que la pandémie aurait bien commencé sur le marché de Wuhan, sans toutefois totalement oublier la théorie de la fuite d’un laboratoire.

En décembre 2019, les premiers cas de Covid-19 apparaissent à Wuhan en Chine. Deux ans plus tard, le mystère autour de l’origine de ce virus n’est toujours pas totalement élucidé. Origine animale ou fuite d’un laboratoire ? Les théories sont à l’origine de vastes débats, dont le résultat n’a toujours pas été tranché. Mais deux nouvelles études, publiées ce 26 juillet dans la revue Science viennent confirmer un peu plus la théorie de l’origine animale, et replacent le marché de Wuhan comme « épicentre » de la pandémie.

La première étude a analysé la géographie des 156 premiers cas de Covid-19, détectés en décembre 2019.

Ils étaient tous concentrés autour du marché, alors que ceux détectés quelques mois plus tard se trouvaient davantage dans les quartiers à forte densité. Les chercheurs ont également analysé des échantillons prélevés en janvier 2020 : les personnes positives se concentraient principalement dans le sud-ouest du marché, soit là où les animaux vivants étaient vendus (chiens viverrins, blaireaux, renards). Néanmoins, l’animal ayant servi d’intermédiaire entre les chauves-souris porteuses de coronavirus et l’Homme n’a, à ce stade, toujours pas été identifié et les chercheurs ne savent pas comment le virus est arrivé sur le marché. Si « l’émergence du SRAS-CoV-2 implique le commerce d’animaux sauvages vivants en Chine, [et] que le marché de Huanan a été l’épicentre de la pandémie de Covid-19« , « les preuves [restent] insuffisantes pour définir les événements survenus en amont« , indiquent les chercheurs.

La seconde étude, elle, a mené une analyse génomique des cas de Covid-19 et a daté la première infection au 18 novembre 2019, estimant « peu probable » que le virus « ait largement circulé chez les humains avant« . Ils ont également découvert que les échantillons du marché analysés contenaient deux variants, la lignée A et la lignée B, sans savoir laquelle est arrivée en premier.

La fuite d’un laboratoire peu probable, mais pas exclue

En 2021, l’un des co-auteurs de l’étude, le virologue Michael Worobey, avait signé une lettre qui appelait à considérer sérieusement la théorie de la fuite d’un laboratoire. Mais aujourd’hui, les données l’ont « fait évoluer« . « Je pense aussi qu’il n’est simplement pas plausible que le virus ait été introduit d’une autre manière qu’à travers le commerce d’animaux au marché de Wuhan« , a-t-il déclaré en conférence de presse.

Mais la piste de la fuite du laboratoire ne reste pas totalement exclue. « Avons-nous réfuté la théorie de la fuite de laboratoire ? Non. Pourrons-nous le faire un jour ? Non. Mais je pense qu’il est important de comprendre qu’il y a des scénarios possibles, et d’autres probables. Et que possible ne signifie pas tout aussi probable« , a ajouté Kristian Andersen, également co-auteur des deux textes.

Les chercheurs veulent désormais comprendre d’où venaient les animaux présents sur le marché de Wuhan, notamment pour prévenir des risques futurs et les minimiser. « Le but n’est pas seulement de savoir comment cette pandémie a commencé, mais c’est de savoir comment mieux se préparer à l’avenir« , a conclu la docteure Maria van Kerkhove, en charge de coordonner la lutte contre le Covid-19 au sein de l’OMS, tout en rappelant qu’il restait encore beaucoup à faire.

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