Ahoua Bi Kouassi Denis dans sa pépinière.

Ahoua Bi Kouassi Denis est un jeune entrepreneur Ivoirien qui a décidé de relever un grand pari. Celui de cultiver du raisin sous nos tropiques dans un climat chaud. Il s’est donc installé dans son village, à Gabia, dans le département d’Oumé (région du Gôh, Centre-Ouest du pays). Lentement mais sûrement, il donne corps à son rêve de produire les premières bouteilles de vin made in Cote d’Ivoire. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il nous explique sa passion.

Bonjour monsieur Ahoua Bi Kouassi Denis. Vous êtes cité comme le premier vigneron ivoirien. Dites-nous pourquoi avoir choisi particulièrement de vous adonner à la culture des raisins et pas autre chose ?

Ahoua Bi Kouassi Denis : Bonjour à vous. J’ai décidé de choisir la culture du raisin car je suis un passionné des cultures rares. J’aime tenter de nouvelles expériences..

Depuis quand avez-vous entrepris de vous lancer dans la viticulture ?

Ahoua Bi Kouassi Denis : Oh, c’est en 1999 que je me suis lancé… Cela fait 22 ans aujourd’hui.

Racontez-nous un peu comment un ivoirien qui a grandi avec le binôme café-cacao, le riz, etc. en est arrivé là ?

Ahoua Bi Kouassi Denis : J’ai vécu à Yamoussoukro ou j’encadrais l’enfant d’un expatrié français à domicile. Ce français cultivait la vigne dans son jardin, et c’est là-bas que j’ai appris toutes les techniques.

N’est-ce pas un pari risqué que d’entreprendre la culture des raisins qui est sensée réussir beaucoup plus dans les climats tempérés européens ou de l’extrême sud de l’Afrique du Sud ?

Ahoua Bi Kouassi Denis : Je ne pense pas que ce soit un pari risqué car ici en Côte d’Ivoire nous avons des sols propices à la culture du raisin.

Des grappes de raisin, fruit du travail acharné d’Ahoua Bi Kouassi Dénis.

C’est quoi concrètement votre projet ?

Ahoua Bi Kouassi Denis : J’ai réussi la viticulture sur une superficie d’un 1/4 d’hectares. Nous produisons du vin de façon traditionnelle et j’ai également ouvert un centre de formation afin de partager mon expérience aux Ivoiriens.

De quels moyens avez-vous bénéficié pour le monter ?

Ahoua Bi Kouassi Denis : J’avais juste les moyens de bord ; c’est-à-dire, une parcelle et les boutures.

Parlant du centre de formation, depuis quand existe-il et combien d’élèves avez-vous formés jusqu’à présent?

Ahoua Bi Kouassi Denis : … Environ 200 élèves.

Et c’est quoi la suite maintenant ?

Ahoua Bi Kouassi Denis : Nous accompagnons des particuliers ou structure dans la création de leur projet. Quand ça rentrera en production, nous comptons créer une coopérative afin de mieux nous organiser.

Photo de famille avec quelques apprenants.

Quelle est votre plus grande satisfaction depuis que vous vous êtes lancé dans la viticulture?

Ahoua Bi Kouassi Denis : Ma plus grande satisfaction est le fait d’avoir réussi à créer un centre de formation et d’être reconnu comme le premier vigneron de notre beau pays.

Y a-t-il quelque chose qui vous a déplu dans la mise en œuvre de votre projet ?

Ahoua Bi Kouassi Denis : Le fait que personne n’a cru en mon projet durant toutes ces années  m’a énormément affecté. Si je n’étais pas passionné par ce que je fais, ce projet ne serait pas allé si loin et j’aurais abandonné.

Quels sont justement les regards que les populations d’ici (Oumé) posent sur vous ?

Ahoua Bi Kouassi Denis : Aujourd’hui à Oumé et dans mon village Gabia, je suis beaucoup respecté grâce à la médiatisation de mon projet. Nous recevons plusieurs médias, des particuliers et de hautes personnalités qui y  viennent les uns pour des interviews et les autres pour satisfaire leur curiosité.

Avez-vous déjà produit des bouteilles de vin ? Si oui, quand et combien ? Et qui sont vos clients ?

Ahoua Bi Kouassi Denis : Non, nous ne sommes pas encore au stade de la production de bouteilles de vin. Nous travaillons encore de façon traditionnelle avec un mixeur. Et nous consommons la petite production en famille ou entre amis lors des périodes festives pour l’instant.

Pour ce qui est du raisin lui-même, on le vend à des particuliers pour l’instant.

Exercice pratique avec quelques élèves.

Quels conseils avez-vous pour vos frères et sœurs qui rêvent sûrement d’être comme vous ou d’entreprendre dans des secteurs pas toujours évidents comme la viticulture?

Ahoua Bi Kouassi Denis : J’aimerais leur dire de ne pas hésiter, car il y a partout dans notre pays des sols favorables à cette culture, c’est un projet prometteur.

Quel est votre plus grand souhait aujourd’hui ?

Ahoua Bi Kouassi Denis : Mon plus grand souhait c’est qu’à travers les formations que nous dispensons notre pays la Côte d’Ivoire soit dans les années à venir parmi les plus grands producteurs de raisin dans le monde.

Entretien réalisé par

Patrick Russel

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